Sabah el nour !

20 mai 2012

Ouasta au bal des examens...

Beau jour ! Je suis presque en vacances... Je viens de boucler mes derniers travaux pour le master.


Je ne suis donc plus qu'enseignante... Plus que mais en plein coeur des examens, des corrections... Malgré tout, je me sens déjà beaucoup plus légère...

Même les inéluctables et interminables négociations de notes que charrient chaque période d'examens cessent de m'énerver et me font juste beaucoup rire !

La semaine dernière, le frère d'un étudiant est venu me demander d'"aider" - Hani - l'étudiant en question,  qui ne vient jamais en classe et rend des copies vierges en exam... Il est très sympathique par ailleurs, c'est juste un glandeur qui a réussi à passer au forcing et à coup de piston depuis la première année et se retrouve en quatrième et dernière année sans pouvoir aligner une phrase en français, comme tant d'autres.

Du coup, la dernière fois que je l'ai croisé, ça n'était pas en cours évidemment mais au petit resto yemeni du coin où j'étais attablée avec deux amis, il m'a salué avec son grand sourire charmeur en partant et quand un peu plus tard on a demandé la note, eh bien, Hani l'avait réglée pour nous !...
Bref, la c'est son frère qui a débarqué et qui a entrepris de m'expliquer - en arabe s'il vous plait - que si son frère ne venait pas en classe, ça n'était pas de son propre fait, mais bien parce qu'il était ensorcelé !
Il est malade, quelqu'un lui a jeté un sort qui l'oblige à tourner les talons dès qu'il essaye d'entrer en classe...

D'abord, je me suis bien sûr défiée de mes compétences de compréhension en arabe et je n'en croyais littéralement pas mes oreilles. Mais une de mes étudiantes était présente et riait sous cape dans un coin. Je lui ai demandé confirmation sur la nature des élucubrations du frangin et j'avais bien saisi le coup de la sorcellerie !
Que dire ? Je suis restée bouche bée.

"Aidez-moi madame svp, je suis sortant..."

Avec leurs yeux de cocker humides, ils peuvent être excellent comédiens de mélos parfois...
Soit c'est les larmes de crocodiles, soit les petits présents obséquieux avec un sourire enjoleur : des fleurs, une montre, un bracelet, une invitation à déjeuner dans la famille...
C'est un vrai cirque !
Et là, je suis d'humeur à en profiter parce que c'est aussi triste et révoltant sur le plan du système que drôle et pathétique au niveau individuel. Elles sont adorables toutes ces têtes d'andouilles !



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03 février 2012

Si loin, si proche...

 

Ce sont d'étranges anniversaires que l'on célèbre en ce moment...

Dix jours après les un an de la Révolution Egyptienne, l'enthousiasme de ce souvenir glorieux malgré tout, qui avait percé l'irritation inquiète quant à l'horizon d'attente des élections de juin, est taclé et étouffé par la colère. Carton rouge pour Tantaoui.

Aujourd'hui, jour de prière, on dira bientôt aussi rituellement jour de manifestation, le 30eme anniversaire du Massacre de Hama a gonflé les cohortes de manifestants... Pour la première fois, le massacre par Hafez, le père Assad, de dizaine de milliers de personnes tuées à Hama, premier bastion des Frères Musulmans, est commémorée publiquement

Ce matin, les menaces de neige se sont envolées mais il fait encore très froid. Moi, je suis bien au chaud avec mon cafe à la cardamone et mes crêpes devant mon petit écran, petit dej en tête à tête avec Al Jazeera et al Arabya... Je regarde des gamins prendre la pose sur des chars de l'armée tombés aux mains de l'Armée Syrienne libre, puis ces images filmées à bout de bras, qui t'offre le ciel et les graviers dans un même plan, te remontrent dix fois les mêmes gravats, zoome brutalement à 500 m sur un char et te barbouille soudain la vue du sang de victimes au sol... "Education à l'anayse de l'image" disiez-vous ?

Analyse... Je ne sais trop quoi penser, espérer. C'est si proche, mais cela demeure tellement confus.
Une certitude, il faut bouter Bachar et l'ensemble du régime. Il faut que la répression prenne fin.

Pour autant, les Révolutions n'arrêtent rien. Aussi nécessaires et louables soient-elles, elles amorcent de nouveaux problèmes... Elles font tomber des têtes et lancent des espoirs à la face du ciel. Espoirs pressés difficiles à assouvir, ils prennent faim les assoiffés de libertés, et les déboires en jus de chaussette sont amers...

Pendant que le compte macabre tourne, on brasse du vent à l'ONU et Bachar essaie de gagner du temps.... En mars, les Américains et les Français chevaucheront leurs pittoresques campagnes sans plus se soucier de rien, le Qatar cèdera la main à l'Irak, autrement plus complaisant avec le régime, à la tête de la Ligue Arabe...

Le ciel est clair, lumineux, l'horizon est dégagé, la vue porte loin, les collines à l'horizon sont syriennes déjà... Le Hauran. Je regarde Der'aa à l'écran comme si une mer nous séparait, c'est si près...

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29 janvier 2012

Feux d'artifice !

C'est l'anniversaire du roi ! Et on s'en contrefout...

Mais les rues sont festives, chants, debkes et klaxons... pour de grands pingouins noirs,verts et rouges, avec des chapeaux incroyables, comme de grands livres en équilibre instable sur la tête... C'était la remise des diplômes ce matin pour les "sortants", la libération d'une nouvelle promotion du travail, lâché dans une nature hostile, peu de verts pâturages, le marché du travail est désolé et rien à se mettre sous la dent...

De toutes leurs dents ils sourient ! Font comme le Roi qui sourie depuis ses affiches publicitaires sur tous les ronds points de la ville, en copié / collé ua dessus d'un parterre de fleurs...

Mais pour l'instant ils sont heureux et paradent, grands manchots Empereur empêtré dans les manches de leur robe... Les parents sont fiers de ses rejetons pour lesquels ils se sont saignés aux quatre veines pendant quatre ans, pour ça. Pouvoir parader au nez des voisins ! Qu'importe si le diplôme a été obtenu au piston ou qu'il sonne complètement creux, et mène souvent au chômage... L'enfant prodigue est diplômé...

 

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16 décembre 2011

Rire jaune...

Hier soir, je sortais avec Maria Masha, une americano-israélienne grande gueule, qui aime bien attirer les regards à elle, et Ahmed, un soldat des forces aériennes jordaniennes. Ce soir, après une journée passée dans mon petit appart à bosser tant bien que mal sur internet. Je m’apprête à rejoindre Aicha à Arabella Mall, qui veut aller faire du shopping et bouffer au Mac Do…

Non sans blague, à quoi je joue là ? Si je dresse un tableau sans ambages ni mensonges : mon quotidien fait très très peur non ?!!!

Ma vie sociale aurait presque tendance à se résumer à des relations par défaut…
Pourquoi presque ? Maria, Ahmed, Aicha ne seraient vraisemblablement pas des potes si je les avais rencontrés ailleurs, mais ici, à Irbid, les possibilités de rencontres sont si limitées…. Et j’ai quand même besoin de sortir la tête de mon petit appart, sinon je vire folle.

Alors, c’est parti pour la virée au Mall ! Du moins avec Aicha, mi libanaise - mi turque, on tcharre arabe !

Demain, enfin, je vais marcher, prendre l'air pour de vrai. On part en virée dans les montagnes d’Ajloun avec trois potes... françaises !!!

Je me marre... y’a que ça à faire non ?!!!

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30 novembre 2011

Des sangsues à la debke : le kneffe !

 

Je suis crevée à 16h quand je finis ma journée de taf à la fac, une autre m’attend à la maison pour le master et le projet de webtheatre. Les cours me vident, les amphis sont de véritables sangsues : ça pompe et ça ne renvoient pas d’énergie. Au contraire des petits groupes où lorsque tu réussis à créer une énergie collective, tu te fais embarquer aussi, dans un amphi, la passivité est la règle, faut toujours donner, aller chercher, rattraper, et y’a pas grand chose qui te revient de l’énergie déployée…

Aujourd’hui du moins, y’avait déjà une bonne humeur, voir une espèce de légère euphorie dans mes cours, c’était tout de même fort appréciable et si je suis sortie crevée, j’ai réussi à quitter mon bureau avant la nuit et à me promener un peu sous les oliviers, le ciel était clair, plein de lumière encore !

Et puis, Sana, une de mes étudiantes de phonétique, qui participe aussi aux ateliers de théâtre et qui devient une amie, m’a embarquée rencontrer le prof de chant trad de la fac, je vais commencer à prendre des cours la semaine prochaine !

Ca remet du baume au cœur cette perspective et après un petit kneffe pour le gouter (du fromage sucré fondu, sous du vermicelle au sirop… évidemment comme cela, ça parait douteux, mais c’est aussi lourd que fameux), on a enquillé dans la salle d’en face avec l’atelier de debke… (la danse trad de la région, j’entends par là : Syrie, Liban, Palestine, Jordanie, avec des variantes dans chaque villages…) dont on est ressortie rougeaude et les oreilles sifflantes des percussions martelées…

Mais ça fait du bien de rompre le morne rythme du boulot. C’était une chouette petite aprem’ et je repars toute guillerette pour la suite du taf !

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29 octobre 2011

Une grenade entrouverte

ma réserve de Grenade pour l'hiver (2)ma réserve de Grenade pour l'hiver (1)

Petite virée avec ma collègue Fadia, à une trentaine de kilomètres dans les collines du nord d'Irbid.

Umm Qays
Un splendide petit site romano-byzantin, qui domine la frontière syrienne et israelo-palestinienne, depuis la voie romaine dont les pavés blancs bordés de colonnades ont vu passer tous les chars en direction d'Urushalim, la Jerusalem antique, depuis l'amphithéatre de basalte et les vestiges de mosaiques et de colonnades de pierres roses de la petite chapelle byzantine, on domine le lac de Tibériade et le plateau du Golan ! (terres syriennes annexées par Israel depuis 1967 de fait.)

On est arrivée là à trois heures, en fin d'après-midi donc, profitant de cette lumière chaude, oblique, caressant le lac gris bleu et les terres rondes, ocres et brunes du Golan...

Belle bouffée d'air et de lumière !
Et au retour, nous avons fait escale sur le bords des routes, auprès de petites pyramides rouges et ors : les grenades !
C'était l'objet premier de cette virée, Fadia voulait faire sa réserve pour l'hiver, elle a acheté 20 kg de grenade, je me suis contenté de 8 kg, ce qui rempli le bas de mon frigo et allume un peu ma cuisine de carrelage blanc cassé aux motifs de petits poissons bleus (comme dans la salle de bain) très années 70...

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28 octobre 2011

Was tun ? de cet atelier de théâtre

 

Les ateliers de théâtre doivent commencer ce dimanche.

Je crains d’être déçue. J’ai constamment avec le FLE, cette question du théâtre comme instrument didactique, associée dans les représentations et les attentes des élèves à une activité ludique et de plaisir. L’exigence du propos et le travail formel qu’elle suppose feront fuir les étudiants qui je le crains ne seront déjà pas nombreux.

La seule salle que j’ai pu obtenir où les sièges ne sont pas vissés au sol est une espèce de couloir de 15m2… Pourtant il existe ici une fac d’Arts, mais tous les départements sont particulièrement cloisonnés et ne communiquent pas. Je vais néanmoins essayer d’obtenir de pouvoir travailler dans une de leurs salles et de rencontrer par la même les quelques profs qui y enseignent.

L'activité théâtrale en Jordanie semble assez limitée, comparée au Liban ou à l’Irak, parce que très récente. La création théâtrale a commencé avec l’arrivée des émigrés irakiens à la suite de la première guerre du golfe. Et dans la Jordanie conservatrice d’Irbid, le théâtre est pour beaucoup haram ! Pour ce que j’ai pu en lire ou en voir, pas grand-chose pour l’heure certes, c’est un théâtre narratif, à la morale allégorique, par le biais d’images doucereuses, le théâtre doit être « joli » et séduire.  Et au mieux, quand les corps ne sont pas absents, ils miment et redoublent le verbe.

Aussi, je me sens un peu pieds et poings liés. On m’a suffisamment mis en garde pour ne soulever aucun sujet « fâcheux » : à savoir la politique, la religion, la mort, la liberté, le désir et l’amour, les corps… Ne pas mettre en difficulté les filles, quand une main tendue vers une épaule d’un autre sexe est déjà trop licencieux, quand porter une cigarette à sa bouche en public est signe infamant et qu’une femme doit étouffer les éclats de son rire trop sonore. 

Dès lors, contrainte que je suis à rendre public le travail réalisé au cours des « Journées de la Francophonies » - Youpi ! - par où commencer ?

Aller au bout de l’absence des corps ? Difficile de les vider de les priver plus encore de vie, les occulter. Mais une tentative radicale et formelle risque de ne pas intéresser grand monde… Comment travailler en creux l’interdit ? C’est cela qui m’intéresserait. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un atelier de théâtre en FLE !!

 

 

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25 octobre 2011

Mohamed

 

Je viens de rencontrer un drole de bonhomme, d'une sensibilité exacerbée pour le moins, un de ces penseurs invétérés, de ces poètes enfants, touchants et presque risible, tellement tout est comble et que cela nous dépasserait de le prendre au sérieux...
Un étudiant de 21 ans, qui s'apprête à finir sa "carrière", il sera diplome en décembre et écrit du théâtre et des formes de haikus... Partant du théâtre, il en est venu à confier une solitude et une tristesse fertile qu'il n'épanche d'ordinaire que sur papier.
Un abandon étrange, parce que visiblement pour lui, la plénitude de l'amitié n'existe pas, contrairement à la solitude. Dès lors, la présence d'une oreille suscite déjà tout débordements !

Mohamed et ses obsessions – l’amour, la mort et la religion. Tiraillé entre une hantise et un stoïcisme confiant face à la mort. Tendu par un désir d’amour, par le besoin  de pouvoir l’exprimer à haute voix, en offrir librement témoignage, de ne plus contraindre les élans vers l’autre. Imprégné d’une foi profonde mais fine, ouverte au point de souvent se remettre en question. Un jeune homme aussi touchant que risible : touchant par une sincérité rare et risible parce que tout est au comble,  angoisse, naïveté, ardeur… et qu’à trop le prendre au sérieux, on sombrerait avec lui… Je reste pour l’heure hors champs de cette douleur. Mais à discuter avec lui sagement assis sur notre banc sous l’olivier, de cette imposibilité du mouvement, de l'expression, de cette bride constante... J'avaid juste envie de mettre à danser là, sur le campus, à faire voler la poussière de ce champs d’oliviers plantés au beau milieu de la fac !

La question qui moi, me hante le plus depuis mon arrivée, c’est la question des corps.
Saisie par leur absence, l’effacement de leurs formes, de leur mouvements surtout.
Contrôle et assignation au hiératisme.
Aucun éclat, des corps ternes et vagues. Des voix, des rires étouffés.

Après quelques jours d’un quotidien irbidi et après de longues discussions, très vite en confiance avec Mohamed, je comprends tellement mieux, beaucoup plus encore qu’au Liban, cet impérieux désir de sensualité, de son besoin d’expression public « je veux que la lumière reflète l’idée du corps, que tout le monde sorte avec une seule envie : faire l’amour, jusqu’à ce que les cris arrachent les portes du ciel. » L’aimant de la sensualité au travers de la figure d’Elissar, qui pouvait me gêner, quand j’ai pu y voir, si grossièrement,  une redite des fantasmes orientalistes…

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23 octobre 2011

Irbid, sa fac, sa vie nocturne...

Le campus de la fac depuis mon bureau (1)

Il fait très bon encore, les oliviers ploient, prêts pour la récolte... Le campus est couverts d'oliviers ! Mais pas d'ombre bleue à l'italienne, ici le soleil est brut, écrasant.
Et il faut pour autant se couvrir !! Je savais qu'Irbid était une ville conservatrice, je me doutais qu'il me faudrait éviter les décolletés plongeants, mais en fait, j'ai toujours un foulard autour du cou, des débardeurs sous les chemises pour masquer les bouts de hanche qui oseraient se mettre à nu lors d’un mouvement importun et des petits gilets pour couvrir les épaules. Fait chaud !!

Enfin, c'est un détail ce foulard, mais révélateur de mon point d'étrangeté ici, de la nécessité que j’aie de me conformer, de me plier à l’image qu'on attend de moi, de ce que je suis : une femme.
Je ne l'avais pas senti autant à Beyrouth.
Rien d'étouffant pour autant. Et il semble que je me confonde assez au paysage, on est souvent étonné que je ne sois pas arabe.
D'autant que je peux de mieux en mieux faire impression sur le plan linguistique… pendant les 2 premières minutes de l’échange du moins !!
Ca, c'est agréable, dès que je ne suis pas en classe, je parle arabe, anglais parfois, espagnol dans mon bureau avec ma collègue de Madrid (!) mais arabe le plus souvent ! Et assurément, je vais progresser !

Voilà quelques nouvelles, pour l'instant je n'ai pas poussé très avant l'exploration du pays, ni même de la région.

Le campus est immense et je n'en suis pas sortie de toute la semaine dernière, il faut dire que j'avais aussi beaucoup de travail pour récupérer le mois de retard à mon arrivée. Je n'ai commencé à me promener dans la ville que ce week-end, une ville beige, brune et grise, mais lumineuse, vivante et populaire, petites échoppes, petits commerces et marchés. Pour le reste...


Bon, je savais que j’allais un peu m’enterrer dans un trou… Mais là, tout est fermé une fois la nuit tombée - à 17h. Ensuite, ce grand village de 800 000 habitants, sommeille sur les hauteurs ! Autour de la fac, les malls et tous les commerces restent ouverts jusque tard, près de 23h mais hormis le shopping : il n'y pas d'activités nocturnes, ni théâtre, ni cinéma, ni salle de concert... Reste les bars... pour les mecs, des petits ilôts de mecs dans le noir à fumer le narguilé, chanter et discuter sur le trottoir, mais pas une chatte dans la rue ! Alors rien ne m'interdit d'y entrer dans l'absolu...

Et si les batailles entre familles, les reglements de compte et les crimes d'honneur existent encore autour d'Irbid, ça se passe dans l'ombre, à huis clos... Dans la rue, aucune violence physique à craindre, c'est complètement sécure.

Mais me promener gentiment devant ses terrasses masculines aux aguets, si ça n'a rien d'effrayant, c'est juste épuisant ! 

 Faut que je me trouve des accolytes de sorties nocturnes parce qu'il fait nuit bien tôt tout de même ! Mes collègues ont tous plus de 40 ans et pour la plupart des familles, Fadia, une collègue libanaise qui m'a pris sous son aile, doit m'emmener au resto, elle est adorable mais on ira dîner vers 19h, et après... Mes étudiants ont tous moins de 22 ans, et ce serait un peu sujet à caution de commencer à sortir avec eux le soir, quand dans ce village, tout se sait comme une traînée de poudre !

Bref, je commence à causer et à me marrer toute seule comme en Patagonie quand je virais folle à m’entretenir avec mon sac à dos…

Mais, grande première : j’ai la télé et le satellite !!! Alors, à l’heure du dîner, je me fais des plateau télé de nouilles coréennes (j’ai pas encore beaucoup d’ustensils dans ma cuisine…) et je regarde les pubs iraniennes traduites en arabe pour les produits miracles de repousse de cheveux ! Ou des bolywood ou animaniacs sous titrés en arabe, ou encore des troupes de danseurs du Caucase sur des grands plateaux lénifiants !

C’est génial ! Je m’éclate… (pour de vrai !!... tant que ça ne dure pas trop.)

 

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22 octobre 2011

Premières impressions de la doctora...

 

J’apprends les infos au compte goutte, il y aurait un labo de langue pour la prononciation. Je donne un cours de phonétique, ça serait pas mal d’être au courant !

Je récupère des étudiants qui ont fait un an de français, ont étudié la théorie de la grammaire mais n'ont jamais ouvert la bouche en français et ne pipent mot ! Dans des classes à 40 étudiants en expression orale ou 64 en phonétique(!!!), on peut s'assoir sur les pédagogies communicatives et actionnelles, mais pour autant, comment fait-on ?!

On me donne du "doctora" par ci, du "doctora" par là, je leur ai bien dit, que je m'étais arrêté au master, mais je reste "doctora", ça fait tout drôle et ça n'empêche pas de se sentir assez démunie parfois, toujours frustré de pouvoir faire si peu dans des conditions d'enseigment pareilles ! Les collègues eux, aussi sympas soient-ils, sont résignés, plus ou moins investis et n'ont pas grand conseil à me donner...

Par contre, en tant que VI, envoyée par l'ambassade, je suis une cheville entre les attentes ou exigences des étudiants et du département de français ici et ce que propose la France comme possibilité d’accueil, d’aide de ces francophones en devenir.
Aujourd'hui, fête de la langue italienne en partage. Tous les étudiants du département de Langues modernes sont conviés à une conférence louant la langue de Dante (il fut beaucoup question de la Divine Comédie, sans que jamais ne soit évoqué le dernier cercle des Enfers ou Mahomet se fait charcuter... Je me demande comment il l'étudie au département d'Italien, j'irais me renseigner !)
En tout cas, je me sens un peu sur la sellette quand l’attaché à je ne sais quoi de l’ambassade d’Italie présente une bourse d’étude de 700 € aux étudiants jordaniens sans condition de niveaux de langue, quand les prérequis exigés par Campus France sont autrement plus stricts !!

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